Il est indispensable, surtout pour les nouveaux lecteurs et étudiants débutants du Message du Graal, de se pencher
quelque peu sur les notions essentielles utilisées par Abd-ru-shin pour aborder et transmettre le Savoir de la Création, la connaissance de sa structure et de son organisation.
Deux de ces principales notions sont celles exprimées par les termes allemands "wesenlos" et "wesenhaft", traduits jusqu'ici d'abord par les expressions "insubstantiel" et "substantiel", puis, plus récemment, par les mots "inessentiel" et "essentiel".
En fait, concrètement, dans le Message du Graal, Abd-ru-shin utilise le terme "wesenlos" ("insubstantiel", "inessentiel") pour caractériser Dieu, le Pur-Divin, le Créateur, l'Origine de la Vie, si tant est que cela puisse être possible, et, par opposition, le terme "wesenhaft" ("substantiel", "essentiel") pour désigner tout ce qui existe en dehors de Dieu, donc tout ce qui fut créé, s'est formé et développé, par la Volonté du Créateur.
Et, afin de bien comprendre toute la portée de ces désignations, ainsi que les notions fondamentales qu'elles véhiculent, il nous faut les examiner plus précisément.
Tout d'abord, pour en comprendre la signification, il suffit de décomposer ces termes en distinguant le radical commun "wesen" et le suffixe "haft", d'une part, et "los", d'autre part. Ainsi, "wesenlos" signifie textuellement "sans wesen", tandis que "wesenhaft" veut littéralement dire "avec wesen".
Quant au terme "wesen", il est assez complexe à cerner et à traduire. En général, deux types fondamentaux de traduction sont possibles: on peut en effet traduire le substantif "wesen", d'une part, par les termes "essence", "nature", "genre", et, d'autre part, par les mots "entité", "créature", "être créé" ou "être formé", désignant ainsi, alors, "ce qui a pris forme".
Mais pour aller plus loin, il est nécessaire de se pencher sur l'étymologie du terme "wesen". Or, en allemand, le participe passé du verbe "sein", le verbe "être", se forme en "gewesen". Il y a donc incontestablement un lien entre le verbe "être", la notion de l' "être", et le mot "wesen". Pour l'approfondissement, on peut ici renvoyer à l'étude de l'étymologie du verbe "être" que fait Martin Heidegger dans son "Introduction à la métaphysique", publiée en 1935.
Disons simplement ici que Heidegger dégage trois racines principales du verbe "être" pour les langues indo-européennes:
1) "Es", du sanskrit "Asus" qui signifie la "Vie", le "Vivant", désignant ainsi plutôt l'Absolu, l'Infini (illustré par l'infinitif) qu'est l'Être, en tant qu' "Être-Vie", "Être-Origine".
2) "Bhû" ou "Bheu", dont dérive le grec "fuo" ou "phuo", qui signifie "croître", "s'épanouir", mais aussi "fuein", qui veut dire "briller", et "fusiz" ou "phusis", la "nature", désignant ainsi l'être qui s'épanouit, parvient à la conscience et à la forme, et se développe dans le temps.
3) "Ves" ou "Wes", du sanskrit "vasami", qui veut dire "demeurer", "habiter", et dont provient le vieil anglo-saxon "wesan", qui signifie "être" dans le sens d' "exister", "rester", "demeurer", "habiter", désignant ainsi l'être qui demeure, dans le temps et la durée, autrement dit l' "étant" de chaque chose, c'est-à-dire, de quelque chose, "ce que cela est", son essence, son genre, sa nature, ses caractéristiques, qualités, attributs, et ainsi, par extension, ce qui a pris forme, poids et mesure, ce qui est dicible et descriptible, ce qui est créé, formé, développé, et qui s'inscrit ainsi forcément dans l'existence, le devenir et le temps.
Evidemment, il s'agit là d'un condensé d'analyse et de réflexion sur cette étude de Heidegger, avec ses raccourcis, présenté succinctement dans un souci de simplification et de concision, seulement dans ses grandes lignes.
Ainsi, une autre traduction des termes allemands originaux utilisés par Abd-ru-shin dans son Message du Graal est possible. On peut, en effet, prendre pour base, comme équivalent du radical "wesen", afin de transcrire en français cette notion d' "étant", le participe présent "ens, entis" du verbe "esse", le verbe "être" en latin. Ce qui donne donc: pour les adjectifs "wesenlos" et "wesenhaft", respectivement, "inentéallique" et "entéallique"; pour les substantifs "die Wesenlosigkeit" et "die Wesenhaftigkeit", "l'Inentéallité" et "l'Entéallité"; enfin, pour les adjectifs subtantivés "ein Wesenhaftes", au singulier, "die Wesenhaften", au pluriel, on obtient respectivement "un entéal", "des entéaux", termes désignant alors, par extension, les entités ayant pris forme dans la Création et donnant forme à tout ce qui existe, donc les façonneurs de forme, dont font partie les entités de la Nature agissant dans la Matérialité.
On peut ainsi à juste titre désigner Dieu, le Pur-Divin, la Lumière-Originelle, comme "inentéallique", c'est-à-dire, à partir de ce qui a été dit, comme "sans étant", "dépourvu d'étant", puisqu'il s'agit de la Pure Vie Créatrice, Absolue, Infinie, Eternelle, Indicible, sans forme et sans limite. Par opposition, on peut qualifier tout ce qui existe en dehors de Dieu-Créateur, donc tout ce qui a pris forme dans l'irradiation de la Lumière-Vie, comme "entéallique", c'est-à-dire "avec étant", "pourvu d'un étant", cela désigne alors ce qui est créé, formé, façonné, développé, ce qui a pris forme, poids et mesure, ce qui est limité à soi-même, donc nettement défini, déterminé, mesurable, dicible.
Deux de ces principales notions sont celles exprimées par les termes allemands "wesenlos" et "wesenhaft", traduits jusqu'ici d'abord par les expressions "insubstantiel" et "substantiel", puis, plus récemment, par les mots "inessentiel" et "essentiel".
En fait, concrètement, dans le Message du Graal, Abd-ru-shin utilise le terme "wesenlos" ("insubstantiel", "inessentiel") pour caractériser Dieu, le Pur-Divin, le Créateur, l'Origine de la Vie, si tant est que cela puisse être possible, et, par opposition, le terme "wesenhaft" ("substantiel", "essentiel") pour désigner tout ce qui existe en dehors de Dieu, donc tout ce qui fut créé, s'est formé et développé, par la Volonté du Créateur.
Et, afin de bien comprendre toute la portée de ces désignations, ainsi que les notions fondamentales qu'elles véhiculent, il nous faut les examiner plus précisément.
Tout d'abord, pour en comprendre la signification, il suffit de décomposer ces termes en distinguant le radical commun "wesen" et le suffixe "haft", d'une part, et "los", d'autre part. Ainsi, "wesenlos" signifie textuellement "sans wesen", tandis que "wesenhaft" veut littéralement dire "avec wesen".
Quant au terme "wesen", il est assez complexe à cerner et à traduire. En général, deux types fondamentaux de traduction sont possibles: on peut en effet traduire le substantif "wesen", d'une part, par les termes "essence", "nature", "genre", et, d'autre part, par les mots "entité", "créature", "être créé" ou "être formé", désignant ainsi, alors, "ce qui a pris forme".
Mais pour aller plus loin, il est nécessaire de se pencher sur l'étymologie du terme "wesen". Or, en allemand, le participe passé du verbe "sein", le verbe "être", se forme en "gewesen". Il y a donc incontestablement un lien entre le verbe "être", la notion de l' "être", et le mot "wesen". Pour l'approfondissement, on peut ici renvoyer à l'étude de l'étymologie du verbe "être" que fait Martin Heidegger dans son "Introduction à la métaphysique", publiée en 1935.
Disons simplement ici que Heidegger dégage trois racines principales du verbe "être" pour les langues indo-européennes:
1) "Es", du sanskrit "Asus" qui signifie la "Vie", le "Vivant", désignant ainsi plutôt l'Absolu, l'Infini (illustré par l'infinitif) qu'est l'Être, en tant qu' "Être-Vie", "Être-Origine".
2) "Bhû" ou "Bheu", dont dérive le grec "fuo" ou "phuo", qui signifie "croître", "s'épanouir", mais aussi "fuein", qui veut dire "briller", et "fusiz" ou "phusis", la "nature", désignant ainsi l'être qui s'épanouit, parvient à la conscience et à la forme, et se développe dans le temps.
3) "Ves" ou "Wes", du sanskrit "vasami", qui veut dire "demeurer", "habiter", et dont provient le vieil anglo-saxon "wesan", qui signifie "être" dans le sens d' "exister", "rester", "demeurer", "habiter", désignant ainsi l'être qui demeure, dans le temps et la durée, autrement dit l' "étant" de chaque chose, c'est-à-dire, de quelque chose, "ce que cela est", son essence, son genre, sa nature, ses caractéristiques, qualités, attributs, et ainsi, par extension, ce qui a pris forme, poids et mesure, ce qui est dicible et descriptible, ce qui est créé, formé, développé, et qui s'inscrit ainsi forcément dans l'existence, le devenir et le temps.
Evidemment, il s'agit là d'un condensé d'analyse et de réflexion sur cette étude de Heidegger, avec ses raccourcis, présenté succinctement dans un souci de simplification et de concision, seulement dans ses grandes lignes.
Ainsi, une autre traduction des termes allemands originaux utilisés par Abd-ru-shin dans son Message du Graal est possible. On peut, en effet, prendre pour base, comme équivalent du radical "wesen", afin de transcrire en français cette notion d' "étant", le participe présent "ens, entis" du verbe "esse", le verbe "être" en latin. Ce qui donne donc: pour les adjectifs "wesenlos" et "wesenhaft", respectivement, "inentéallique" et "entéallique"; pour les substantifs "die Wesenlosigkeit" et "die Wesenhaftigkeit", "l'Inentéallité" et "l'Entéallité"; enfin, pour les adjectifs subtantivés "ein Wesenhaftes", au singulier, "die Wesenhaften", au pluriel, on obtient respectivement "un entéal", "des entéaux", termes désignant alors, par extension, les entités ayant pris forme dans la Création et donnant forme à tout ce qui existe, donc les façonneurs de forme, dont font partie les entités de la Nature agissant dans la Matérialité.
On peut ainsi à juste titre désigner Dieu, le Pur-Divin, la Lumière-Originelle, comme "inentéallique", c'est-à-dire, à partir de ce qui a été dit, comme "sans étant", "dépourvu d'étant", puisqu'il s'agit de la Pure Vie Créatrice, Absolue, Infinie, Eternelle, Indicible, sans forme et sans limite. Par opposition, on peut qualifier tout ce qui existe en dehors de Dieu-Créateur, donc tout ce qui a pris forme dans l'irradiation de la Lumière-Vie, comme "entéallique", c'est-à-dire "avec étant", "pourvu d'un étant", cela désigne alors ce qui est créé, formé, façonné, développé, ce qui a pris forme, poids et mesure, ce qui est limité à soi-même, donc nettement défini, déterminé, mesurable, dicible.
Par Alexandre Emmanuel
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Publié dans : Le Message du Graal (Divers)
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